La voie de l\'excellence / Français Second Cycle

La voie de l\'excellence / Français Second Cycle

UNE PIECE POUR LE  THEATRE SCOLAIRE

« PROCES DE L’ESCLAVAGE » 

AVANT-PROPOS

Lieu privilégié d’une parole adressée à un destinataire collectif, le théâtre a pendant longtemps été considéré comme une  Tribune, c’est-à-dire un  siège élevé d’où l’on parle et d’où l’on enseigne. Il a donc souvent été investi d’une mission didactique et sociale.

Aujourd’hui, dans un environnement scolaire où la lecture perd de plus en plus des adeptes, le théâtre reste donc l’un des derniers espoirs pour maintenir vivante dans l’esprit de nos jeunes élèves tout le legs culturel et pédagogique laissé par des siècles de littérature et d’histoire. 

Avec  Le procès de l’esclavage,  nous cherchons à revisiter avec le lecteur ou le spectateur une page de l’histoire africaine et mondiale sous le prisme d’un combat d’idées où toutes les armes du langage : ironie, diversion, énumération, gradation, humour, indignation, critique, moquerie, jeu de mots, invention, etc., sont mises à contribution pour convaincre et vaincre. Tout concourt à entretenir le dialogue avec le lecteur/spectateur, invité à comprendre les sous-entendus, à être actant lui aussi et par conséquent à réfléchir et à rire avec nous. La finalité de ce combat d’idées est d’amener les hommes à se comprendre et à dépasser les querelles internes afin de tendre vers un monde plus équilibré mais également à aider des continents comme l’Afrique à sortir du marasme économique et politique. Le premier développe la pauvreté, le second la renforce par un climat de désolation et de mort, brisant tout élan d’unité. Il faut donc éteindre les foyers de tension  et retourner au passé de l’histoire mondiale pour pouvoir impliquer tous les autres dans la reconstruction de l’unité du continent noir et favoriser véritablement la renaissance africaine.

« Le théâtre, avoue Elie-Charles Moreau, est aujourd’hui, l’un des derniers lieux où la parole publique a un sens. Avec la désagrégation et le quasi-discrédit de la parole politique comme repère, comme phase dans la précarité du temps, l’un des ultimes bastions de la parole avouée, proférée, demeure le théâtre. »

Dans l’espace scolaire et précisément à l’heure du numérique et de la civilisation de l’image, où la paresse de lire envahit souvent l’esprit de l’élève plus enclin à suivre un téléfilm qu’à se concentrer sur un livre, la représentation théâtrale est incontestablement un relais d’une efficacité certaine. Le théâtre, par la spécificité même de ses effets et de ses procédés, peut offrir à l’élève un moment de récréation, de pleine réjouissance  mais aussi développer sa culture générale.

 

 « PROCES DE L’ESCLAVAGE » 

(Ouverture avec la chanson «  Demb » de Youssou Ndour)

1er Sage Africain : Qui pour sauver la face de l’Afrique dans ce grand combat des idées ?

 

Les africains : Moi ; Moi ; Moi. (Tous)

 

1er Sage Africain : - Qui d’entre vous a suffisamment de poigne pour faire face à l’Occident et à ses intellectuels ?

 

Les africains : Moi ; Moi ; Moi. (Quelques uns)

 

1er Sage Africain : Nous, sages de l’Afrique, avons réfléchi et choisi. Une femme défendra l’Afrique ! Diouma, vous défendrez la position de l’Afrique.

Rappelez aux blancs les préjugés, la ségrégation, le racisme, l’injustice, la colonisation, le mensonge et l’esclavage dans lesquels ils ont tenu le continent et ses fils pendant des siècles. Rappelez à l’Europe son arrogance et son insolence ainsi que l’insulte qu’elle nous a payée pour service rendu sous le terme de tirailleurs.

 

 

Les africains : Quoi ? Une femme ? Djiguène, pour défendre l’Afrique ?

1er Sage Africain : Oui ! Une femme ! Qui aujourd’hui est le mieux placé pour nous défendre ?

Ecoutez ma parole, mes fils ! Hier, nous hésitions à vous envoyer à l’école. Sous la pression d’une femme courageuse, La Grande Royale, “Jiguène dju meun goor“, nous avons accepté de vous envoyer à l’école du Blanc avec tous les risques que cela comportait. Nous avons perdu une bonne partie d’entre vous.

Certains de vos frères nous ont renié et rejeté nos cultures, nos coutumes et nos traditions, et c’est regrettable. Nous n’avons que nos ancêtres et nos traditions. C’est cela notre identité et notre fierté.

Vous ! Oui ! Vous autres êtes revenus. L’Afrique vous remercie de lui avoir été reconnaissant. Mais aujourd’hui le problème est tout autre : il s’agit d’affronter vos maîtres, et qui plus est, dans leur terrain de prédilection, « L’art de vaincre sans avoir raison. »

Vous ! Vous avez raison ! Alors, vous devez vaincre. Faites honneur à l’Afrique ! Le destin et l’honneur de l’Afrique sont entre vos mains. L’Afrique vous fait confiance. Soyez dignes d’elle !

Que nos dieux et l’esprit des aïeuls veillent sur vous. Que la sagesse des ancêtres vous accompagne et que leur courage guerrier nourrisse vos âmes. Ameen !  Partez et ne regardez pas derrière !

Europe (Doyen des Avocats) : Maître Xavier, vous défendrez la position Européenne. Sachez que tout est contre nous, et que le choix porté sur vous est une marque de confiance. Vous êtes les plus grands experts du barreau dans l’Europe toute entière et dans le monde.

Aujourd’hui, vous ferez face à vos disciples. Ils ne doivent pas l’emporter sur vous. Jouez la carte de la diversion, confondez-les et rappeler leur toutes les bonnes actions de l’Europe à leur endroit.

Faites leur comprendre que notre mission était de les civiliser et qu’ils doivent aujourd’hui nous remercier de les avoir sauvés de la barbarie. L’Europe compte sur vous, faites-lui honneur.  Que Dieu vous bénisse ! Ameen.

 

PROCUREUR : Mesdames, Messieurs. Il est des moments où l’on se doit d’arrêter le cours des événements et de les soumettre au jugement des hommes. Ce procès de l’esclavage s’inscrit parfaitement dans cette dynamique d’esprit.  Nous sommes conscients de ses enjeux et nous ne pouvons en aucune façon délibérer correctement sans avoir au préalable écouté les principaux intéressés que sont Afrique et Europe. J’invite alors à la barre Afrique.

 

AFRIQUE : Merci votre honneur. Mes chers frères, il y a des choses que la mémoire ne peut oublier sans être accusée d’injuste. L’Histoire ! L’Histoire a enseigné que depuis des siècles vous !  Vous les Occidentaux, vous vous êtes livrés à un des commerces les plus inhumains, les plus humiliants et les plus indignes de l’histoire des hommes.

 

EUROPE : Ah mon ami, que tu parles bien. Tu n’as fait là qu’aligner des qualificatifs auxquels tu accoles des superlatifs. Que tu es bon grammairien. Oui, ta Grammaire tu l’as bien maîtrisé. Mais l’Histoire ? La digne et noble Histoire ? …

 

INDE : Votre honneur, je trouve ces propos très déplacés. Qu’il cesse d’ironiser ! Dans ce tribunal, il n’y a point de place pour l’ironie. L’humanité a besoin de savoir. Dis, dis la vérité. Quand on parle de l’Histoire des hommes, on ne doit point faire d’ironie.

 

EUROPE : De quel côté êtes-vous INDE ? Et d’ailleurs qui vous a interrogé ? N’est-ce pas votre inaptitude à répondre efficacement aux exigences de l’Agriculture, oui la culture du café, de la canne à sucre et du tabac, qui m’a poussé à aller voir ailleurs ?

Quant à toi Afrique ! De quelle histoire parles-tu ? La connais-tu cette Histoire ? Tu parles d’Histoire, une Histoire que tu ne connais point. Penses-tu que l’Histoire, la digne Histoire a le temps de s’apitoyer sur ton sort ? Noooon ! L’Histoire ne retient que ce qui est important.

AFRIQUE: Votre démonstration est une insulte à la mémoire et à l’Histoire de l’Humanité. Soyez donc moins arrogant et parler vrai. Vous avez pillé, saccagé, brûlé des villages tout entier au nom de votre insensé projet de développement de l’Agriculture. Vous avez brisé l’espoir de tout un continent. Avouez donc votre crime, ce crime qui n’est que trop connu par l’Histoire.  N’oubliez surtout pas que nous sommes « des sacs à paroles ».

 

EUROPE : Je te trouve bon orateur mais attention, ce n’est pas moi qui vais t’enseigner la marge qu’il y a entre « parler bien », « parler beaucoup » et « parler vrai ». Que sais-tu de l’Histoire, la vrai Histoire, celle qui dit la Vérité ? Rien ! Rien de rien.

AFRIQUE : Nous n’avons point besoin de rappeler à la mémoire des hommes et à la tienne que la chair qui a souffert le martyre, n’oublie pas.

 

EUROPE : Qu’avez-vous à rappeler à la mémoire de l’Humanité ? Inutile d’avancer un mot, rien que des faits sans importance que la digne Histoire n’a pas le temps de retenir. Vous n’avez rien à nous enseigner et apprenez pour votre connaissance : « Nul ne peut échapper à son destin ».

 

CHINE : Ah Europe ! N’allez surtout pas penser que vous vous en sortirez aussi facilement en mettant tout sur le compte de la destinée. Plus tard vous accuserez Dieu. Vous êtes de bons philosophes certes mais détrompez-vous ! Nous savons déjà où va votre barque. Le destin a bon dos mais il ne saurait endosser cette responsabilité. Assumez-vous.

 

EUROPE : Ah, en voilà un qui cherche de nouvelles amitiés ne sachant où orienter son surplus de population et sa pacotille de marchandise. N’ayez crainte, nous  vous comprenons. Mais que c’est facile d’accuser les autres sans raison. L’Afrique intellectuelle sait combien notre action a été salutaire pour ses fils. Nous avons tout donné à ce continent.

 

ARABIE : Astakhfiroullah. Allahou akbar ! Allahou akbar ! N’oubliez pas que Dieu est témoins de tous nos actes. En pareilles circonstances, il faut dire la vérité, rien que la vérité. Ne détournez pas l’attention de cette assemblée avec des coups fourrés.  Qu’avez-vous donc apporté à ce continent ? Quel est ce si précieux trésor que vous avez mis entre les mains de ses fils ? Parler ; parler si vous avez des arguments preuves à l’appuie, Nous sommes à votre écoute.

 

EUROPE : Enfin, en voici un autre qui pense avoir les mains propres alors qu’il s’est sali jusqu’à la moelle des os. Qu’avez-vous fait des dix-sept millions d’africains déportés vous Arabie ? J’ose seulement penser que vous n’avez pas la mémoire courte. A ce que je sache, les derniers recensements de la population noire dans l’ensemble de vos Etats font difficilement six millions. Où sont passés alors tous les autres ?

Ah, j’oubliais, la castration est passée par là. Oui, vous les avez tous castré afin qu’ils ne se reproduisent pas car pour vous c’est une race impure, frappée de malédiction divine. Ibn Khaldoun n’est-il pas des vôtres, lui qui soutenait que la race la plus appropriée à l’esclavage ce sont les noirs à cause de leur degré inférieur d’humanité. Restez tranquille dans votre coin et sachez que nous avons beaucoup de choses à dire sur vous. 

Et vous Amérique ! Qui vous a développé ? Aujourd’hui, vous êtes tout fière de vous présenter comme la nation la plus puissante au monde ; mais grâce à qui ?

 

Quant à vous Afrique ! Qui vous a fait découvrir la Civilisation ? Qui vous a apporté l’écriture, le savoir, le savoir faire, la Religion, oui, la lumière, cette voie de la vérité et du paradis ? N’oubliez pas que nous vous avons trouvé animistes et barbares et nous vous avons ouvert les chemins du paradis.

Alors que le monde cesse d’être ingrat et me remercie, moi Europe (se frappant la poitrine), de l’avoir sauvé (levant le doit au ciel).

 

(Entrée brusque sur scène de l’Arabie, de l’Amérique et de l’Afrique : Tous interpellent le procureur.)

ARABIE : Votre honneur ! C’est trop gros ce mensonge et il ne peut être toléré.

 

PROCUREUR : Calmez-vous ! Calmez-vous.

 

AMERIQUE : Ce n’est pas seulement un mensonge mais une insulte à la dignité humaine.

PROCUREUR : De l’ordre s’il vous plait ! De l’ordre.

AFRIQUE : Calmez-vous mes amis. J’ai les mots pour lui répondre. Il est vrai que l’auteur de ces propos mérite la guillotine, mais ce serait lui rendre un immense service que de le décapiter. Avec une suffisance qui frise l’arrogance il pense avoir bien parlé. Oui, vous avez  parlé mais plutôt comme un animal. Vos propos manquent d’éducation et de civilité et nous ne pouvons répondre que par le mépris.

Où sont donc passés votre civilisation et votre bon sens ? Votre raison vous a-t-elle quitté en si peu de temps ? Noon, ça ne peut pas être possible, je regrette ! Je suis désolé, mais c’est non. Vous avez tout faux et vous avez pêché sur toute la ligne.

EUROPE : C’est votre problème !

 

AMERIQUE : Cessez votre arrogance et pour l’amour de Dieu faites votre « mea culpa » ! A vous écouter, on dirait que vous avez tout bon. Changez, changez « car seuls les imbéciles ne changes pas ». Moi j’ai compris et j’ai élu Obama pour rendre justice.

 

EUROPE : Nous n’avons aucune leçon de morale à recevoir de vous. Le cas Obama n’est qu’une simple coïncidence et rien de plus ! Le Président des USA pouvait bien être quelqu’un d’autre. Et sur ce point votre argumentation ne tient pas la route. Je suis désolé, vous avez zéro ; rien ; absolument rien. C’est nul !

 

AMERIQUE : Tout au contraire mon ami, le zéro est votre note. Lorsque l’arrogance et la diversion se mêlent à l’argumentaire, c’est purement et simplement un aveu d’échec. Merci de l’avoir reconnu ! Ne voyez-vous pas que votre raison vous a trop berné allant même jusqu’à vous rendre aveugle ? N’entendez-vous pas ces voix qui du fond des eaux parlent à votre conscience, ces voix des milliers et milliers d’hommes noirs morts dans la traversée ; dans cet inhumain commerce triangulaire ? N’en avez-vous pas vraiment honte ?

 

EUROPE : Ce commerce inhumain comme vous le qualifiez, c’est lui qui vous a enrichi ! S’il vous plait, ne l’oubliez pas. L’oubli n’est pas dans votre nature !

 

AMERIQUE : Il est vrai que tu ne te repentiras jamais. Mais, ne m’as-tu pas dit que tu as eu honte de toi-même après ta visite de Gorée ? Ne m’as-tu pas confessé que tu regrettais profondément cet acte ignoble que tu as posé et qui désormais marque à tout jamais l’histoire mondiale ? Ou était-ce simplement un autre mensonge de ta part ? Non, je ne te connaissais pas hypocrite. Je pense que tu as besoin qu’on te rafraîchisse la mémoire. Ecoute pour t’en convaincre le discours de l’homme que je vais introduire, je veux nommer l’ancien Conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée Joseph Ndiaye. Ecoute la parole de l’Historien de Gorée dite par un enfant du Monde et après tu nous diras quel homme tu es.

 

EUROPE : Vous savez tous que j’ai dit la vérité. Ce procès a trop duré. Nous n’avons pas le temps d’écouter des bavardages.

ENFANT DU MONDE : « L’Histoire ne ment pas. La traite des Noirs fut un des plus grands génocides que l’Humanité ait connu. Et ce sanctuaire africain, qui est la Maison des Esclaves de Gorée, fut capitale de souffrances et de larmes, car des innocents sont morts ici, victimes du temps de la honte.

Pendant trois siècles et sans répit, chassés, traqués, arrachés à leur sol natal comme les racines des temps, sous la torture et l’humiliation ; transfert brutal et massif de millions de Noirs, sur lequel, la quasi-totalité du Nouveau Monde, construisit ses réalités politiques, économiques et sociales.

Dans des cellules pour Hommes, de 2 mètres 60 sur 2 mètres 60, ils étaient assis le dos contre le mur, des chaines les maintenant au cou et aux bras. Ces pauvres n’étant libérés qu’une fois par jour, pour leur permettre de satisfaire leurs besoins.

Et généralement dans cette maison, ces esclaves vivaient dans un état d’hygiène si repoussant, que la première épidémie de Peste qui a ravagé Gorée en 1779, est partie de ce lieu.

Etrange marché aussi, où la valeur d’un enfant dépendait de sa denture, faute d’état civil ; la valeur d’une femme de ses seins et de sa virginité.

A partir de cette porte donnant sur la mer, la porte du voyage sans retour, ils allaient, nos ancêtres martyrs, les yeux fixés sur l’infini de la souffrance. »

         Ceci est la parole de Feu Joseph NDIAYE, Conservateur de la Maison                                                                                                               des Esclaves de Gorée. Voulez-vous que j’en rajoute encore ?

 

EUROPE : Assééez ! Assez ! assez… C’est vrai vous avez raison. Nous reconnaissons notre faute, et nous sommes prêts à vous dédommager. Combien de milliards voulez-vous Afrique pour tout oublier ? Combien de Francs, de Dollars ou d’Euros ? Combien ?

 

AFRIQUE : Rien ! Rien que la reconnaissance du fait que l’esclavage est un crime contre l’humanité. Rien encore, oui, rien que la reconnaissance de l’effort fourni par nos vaillants guerriers pour empêcher que l’Europe tombe sous la botte d’une seule nation. Ces braves soldats que vous appelez injustement tirailleurs, c’est-à-dire des soldats qui tirent ailleurs, appelez-les simplement SAFGRAGMO. Oui, nous préférons mille fois le nom Soldat Africain des deux Grandes Guerres Mondiales. L’Afrique n’a besoin que de reconnaissance, mais pas d’argent.

PROCUREUR : « Afrique ! Afrique / C’était donc toi ce dos qui se couchait et courbait sous le poids de l’humidité ? / C’était donc toi ce dos qui tremblait à zébrures rouge et qui disait oui au fouet sur les routes de Midi ! Ah Afrique, Mon Afrique ! Pardonne à l’humanité ! Oui ! L’Humanité toute entière te demande pardon.  »

Oui, c’est la vérité, nous avons pêché et au nom de Dieu nous demandons pardons à l’Afrique. Oui, Afrique, l’Europe par la voix de l’Eglise de te demande pardon. Aujourd’hui nous sommes une famille et pour rien au monde nous ne devons accepter la division. Alors pardonnez, pardonnez et pardonnez encore.

 

 

2ème Sage africain : Votre honneur, l’Afrique a pardonné. Ce procès n’est point pour cultiver la haine, mais pour rendre justice et rappeler aux hommes qu’ils doivent s’unir et dire ensemble : « Plus jamais ça. » Le monde a besoin de paix et l’Afrique plus que toutes les autres parties du monde.

Regardez ce qui se passe au Rwanda, au Burundi, au Darfour, en Centre Afrique, en Côte d’Ivoire, en Somalie, en Guinée Conakry, au Nigéria, au Zimbabwe et plus près de nous en Casamance et j’en passe ; l’Afrique brûle.  Notre continent va mal et les catastrophes climatiques qui se profilent à l’horizon de l’humanité risquent de nous fragiliser davantage. Nous ne pouvons plus vivre des promesses d’accords. Que nous a apporté Copenhague ? Quels accords se profilent encore à l’horizon ?

Ô monde ! Ô nations du monde ! Mes chers frères !  Allez-vous laisser l’Afrique mourir ?

 

TOUS Répondent : Noooon !

 

Alors, venez ! Joignez-vous à nous ! Oui, venez et aidez-nous à développer l’Afrique !

Donnons-nous la main et consolidons l’unité africaine.

Enfants d’Afrique ! Citoyens du Monde ! L’Afrique a besoin de vous. Venez, venez, venez,

Célébrons ensemble la Renaissance africaine. Célébrons le monde qui renaît !

Donnons forme et vie aux espoirs du continent noir, car l’Afrique est la terre de l’avenir.

 

PROCUREUR : Ô vous, Nations du monde !

Qui d’entre vous a été frappé au même titre que l’Afrique, ce continent dont les fils portent l’héritage d’un passé douloureux, celui de la condition de l’homme noir et qui malgré tout offrent, au monde une merveilleuse ouverture vers la postérité, celle d’un monde nouveau ?

            Qui d’entre vous a vécu pareil drame, celui de voir ses bras valides déportés pour travailler comme esclaves et ses matières premières pillés pour alimenter des industries étrangères ?

Aucun d’entre vous n’a connu pareil injustice ! Oui, aucun !

En pardonnant, l’Afrique vous envoie un message fort, à vous tous qui consacrez d’énormes budgets à l’industrie de l’armement. Vos bombes, vos missiles, vos chars tuent l’homme, et tuent le monde. Nous ne pouvons plus tolérer cela. 

Réorientez les fonds de l’armement dans la protection de l’environnement et la lutte contre la pauvreté, la faim, l’analphabétisme, l’ignorance, le Sida et les autres pandémies,  ainsi que les catastrophes climatiques qui aujourd’hui bouleversent l’équilibre mondial.

C’est aujourd’hui la seule guerre digne de mobiliser notre argent et notre énergie.

Comme l’Afrique, faisons preuve de compassion, car toutes les grandes œuvres ont commencé par des actes de compassion posés par des hommes compatissants : qu’il s’agisse de Saint François d’Assise, de Mère Teresa et des milliers d’autres, dont la grande histoire ne retiendra pas le nom, mais qui resteront inscrits pour toujours dans l’évolution positive de l’Humanité.

Tous ceux-là ont su dire le “Oui“ qui ouvre les portes :

Oui au Pardon, à l’Unité, à la Solidarité et à la Fraternité !

Oui à l’Amitié,  à la Paix et  à la Vie !

Ce “Oui“, unique et magnifique, fait croire en l’être humain car comme disait le Philosophe Français Simone Weil, « Les hommes n’ont besoin d’autre chose en ce monde que d’autres êtres capables de faire attention à eux. » Ceux qui disent “Oui“ participent à ce que le monde devienne meilleur. Alors, dites “Oui“ à la renaissance du monde.

                                                               (Sortie sur fond musical de Ismaïla Lo : « Africa »)

                                                                                         BEN MOUSTAPHA DIEDHIOU

                                                                                    Professeur de Français /  Relais Pédagogique

 

 

 



10/11/2010

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